Le financement de la formation -Tour d’horizon

Depuis la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, dite “Pour la liberté de choisir son avenir professionnel”, le système de financement de la formation professionnelle a été profondément réorganisé. Cette réforme impacte aussi bien la collecte des contributions que leur redistribution. Nous vous aidons à comprendre ce nouveau fonctionnement.

Comprendre le financement de la formation professionnelle

Les entreprises participent chaque année au financement de la formation professionnelle et de l’alternance via une contribution unique (CUFPA), collectée par l’URSSAF.

Ces fonds sont ensuite transmis à France Compétences, qui les redistribue à différents acteurs :
✅ Les OPCO, pour financer les formations des TPE/PME et l’alternance
✅ La Caisse des Dépôts, pour la gestion du CPF (Compte Personnel de Formation)
✅ France Travail, pour soutenir la formation des demandeurs d’emploi

Ce système garantit un accès élargi et structuré à la formation pour les salariés, les indépendants et les demandeurs d’emploi.

Contributions des entreprises à la formation professionnelle

Depuis le 1er janvier 2019, le financement de la formation professionnelle a été réorganisé avec la mise en place de la Contribution Unique à la Formation Professionnelle et à l’Alternance (CUFPA).
Elle regroupe désormais l’ensemble des anciennes contributions légales à la formation professionnelle continue et à la taxe d’apprentissage.

Toutes les entreprises françaises — quelle que soit leur forme juridique, leur régime fiscal, leur taille ou leur secteur d’activité — sont concernées par cette obligation.

Modalités de versement

La CUFPA est due au titre de l’année en cours.
Elle est collectée mensuellement par l’URSSAF via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), au même titre que les cotisations sociales.

Le taux de contribution varie selon l’effectif de l’entreprise :

  •  Moins de 11 salariés : 1,23 % de la masse salariale
    (soit 0,55 % pour la formation professionnelle + 0,68 % pour la taxe d’apprentissage)
  •  11 salariés et plus : 1,68 % de la masse salariale
    (soit 1 % pour la formation professionnelle + 0,68 % pour la taxe d’apprentissage)

Autres contributions possibles

✅ La contribution conventionnelle
Certaines entreprises, selon leur branche professionnelle, peuvent être soumises à une contribution complémentaire si un accord collectif de formation est en vigueur. Cette contribution est versée à l’OPCO de branche.
 Pour vérifier votre situation, rapprochez-vous de votre opérateur de compétences.

✅ La contribution volontaire
En dehors de toute obligation légale ou conventionnelle, une entreprise peut choisir de verser une contribution supplémentaire à son OPCO. Cela lui permet de financer des actions spécifiques ou de bénéficier de services complémentaires proposés par l’opérateur.

Les financements proposés par les OPCO

Les OPCO (Opérateurs de Compétences) accompagnent les entreprises, en particulier les TPE et PME de moins de 50 salariés, dans le financement de leurs actions de formation.

Développement des compétences

Les OPCO soutiennent le plan de développement des compétences en prenant en charge :

  • Tout ou partie descoûts pédagogiques ;
  • Lesfrais annexes (repas, transport, hébergement) ;
  • Et dans certains cas, lescoûts salariaux liés au temps passé en formation.


Ces aides peuvent être versées sous forme de forfait annuel ou de prise en charge horaire, selon l’OPCO concerné.

Financement de la formation en alternance

Les OPCO financent également les formations en alternance, notamment via :

  • Le contrat d’apprentissage, pour les jeunes de 16 à 29 ans (jusqu’à 30 ans pour les personnes en situation de handicap), en vue d’obtenir un diplôme du CAP au Bac +5 ;
  • Le contrat de professionnalisation, destiné aux jeunes ou demandeurs d’emploi de 16 à 29 ans, pour préparer un diplôme du CAP au Bac +2.


Nouveautés 2025
 (Décret 2025-174 du 23 février 2025)
Aides à l’embauche :

  • 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés
  • 2 000 € pour les structures de plus de 250 salariés
  • 6 000 € pour l’embauche d’un alternant en situation de handicap


Une réforme de l’apprentissage est en cours, avec de nouvelles modalités applicables à partir du 1er juillet 2025(modification des niveaux de prise en charge, frais obligatoires, etc.).

Le dispositif Pro-A

Certains OPCO financent également le dispositif Pro-A, dédié aux salariés peu qualifiés (niveau infra-bac +3).
Ce dispositif permet :

  • Unereconversion professionnelle ou une promotion interne ;
  • L’obtention d’unecertification reconnue, définie par des accords de branche.

Les Actions Collectives

Les OPCO mettent en place des Actions Collectives : des formations stratégiques, choisies selon les besoins spécifiques des branches professionnelles.

Elles sont :

  • Réalisées par desorganismes de formation partenaires sélectionnés via un cahier des charges strict ;
  • Proposées àtarifs préférentiels, avec souvent :
    • Uneprise en charge intégrale ou partielle ;
    • Unesimplification administrative pour les entreprises.


Ces actions sont ouvertes aux entreprises adhérentes, quelle que soit leur taille, selon les conditions définies par chaque OPCO (fonds conventionnels, versements volontaires…).

Accords tarifaires et cofinancements CPF

Certains OPCO proposent :

  • Desaccords tarifaires négociés avec des organismes de formation partenaires ;
  • Descofinancements via le Compte Personnel de Formation (CPF).


Exemple : L’OPCO Atlas cofinance certaines certifications RNCP ou RS jugées prioritaires dans le secteur des bureaux d’études, grâce à une partie de la contribution conventionnelle des entreprises.

Le FNE-Formation : un levier pour accompagner les grandes transitions

Le FNE-Formation (Fonds National pour l’Emploi) permet aux entreprises de bénéficier d’un soutien financier de l’État pour former leurs salariés face aux grandes transitions économiques et sociétales.
Ce dispositif cible en priorité les entreprises confrontées à des mutations majeures dans les domaines suivants :

  • Transitionécologique,
  • Transitionagricole et alimentaire,
  • Transitionnumérique,
  • Transitiondémographique.


Certaines formations liées à de grands événements nationaux peuvent également être éligibles, comme :

  • LesJeux Olympiques et Paralympiques 2024,
  • Le concours internationalWorldskills 2024.
Comment ça fonctionne ?

Les OPCO (Opérateurs de compétences) sont chargés d’instruire les demandes et de valider l’éligibilité des formations proposées dans le cadre du FNE-Formation.

 Pour 2024, la date limite de dépôt des demandes était fixée au 31 décembre 2024,
avec des formations devant être réalisées avant la fin de l’année 2025, sous réserve des financements disponibles.

Le CPF : un levier pour financer vos projets de formation

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif individuel qui permet à chaque actif de se former tout au long de sa vie professionnelle. Alimenté chaque année dès l’entrée dans la vie active et jusqu’à la retraite, le CPF permet de financer des formations qualifiantes ou certifiantes.

 Un espace personnel et digitalisé

L’ensemble du dispositif est accessible via la plateforme officielle MonCompteFormation (site internet ou application mobile). Chaque titulaire peut y :

  • Consulter sonsolde CPF,
  • Accéder à desformations éligibles par thématique, région, ou calendrier,
  • Réserver et financer directement sa formation.

Un droit personnel, mais aussi un outil RH

Bien que le CPF soit un droit personnel, les entreprises peuvent choisir d’en faire un outil stratégique de développement des compétences. On parle alors de CPF co-construit. Cette démarche peut prendre différentes formes :

  • Un accompagnement individualisé à l’initiative du salarié,
  • Ou une négociation collective intégrant le CPF dans la politique de formation de l’entreprise.


Pour aller plus loin : découvrez notre dossier « Le CPF et l’employeur ».


Chiffres clés du CPF depuis 2019 :
  • 41,3 millionsde titulaires de compte,
  • 8,78 millionsde dossiers validés,
  • 12,61 milliards d’eurosengagés dans des formations.

Financement des transitions et reconversions professionnelles

Dispositif Pro-A : Reconversion ou Promotion par l’Alternance

Le dispositif Pro-A vise à favoriser la montée en compétences des salariés peu ou pas qualifiés (niveau inférieur à Bac +3). Initié par l’employeur ou le salarié, ce parcours de formation en alternance permet d’accéder à une qualification reconnue dans le cadre d’une reconversion ou d’une promotion interne.

La formation est prise en charge par l’OPCO (Opérateur de Compétences) selon un forfait horaire défini par la branche professionnelle. Les frais pédagogiques – et parfois salariaux – peuvent être partiellement ou totalement couverts.

 Pour plus d’informations sur le dispositif Pro-A, consultez notre page dédiée.


Transitions Collectives (TransCo) : Anticiper les métiers de demain

Le dispositif Transitions Collectives accompagne les salariés dont l’emploi est menacé dans une reconversion vers un métier porteur de leur territoire. Il permet à l’entreprise d’anticiper les évolutions économiques en facilitant la mobilité externe sécurisée de ses collaborateurs volontaires.

Les formations suivies doivent être certifiantes et peuvent durer jusqu’à 24 mois. Le salarié conserve son contrat de travail et sa rémunération pendant toute la durée du parcours. Le financement est assuré par l’État, avec un reste à charge éventuel pour l’entreprise, selon sa taille et la durée de la formation.

 En savoir plus sur le programme Transitions Collectives.


Projet de Transition Professionnelle (PTP)

Le PTP, anciennement connu sous le nom de CIF (Congé Individuel de Formation), s’adresse aux salariés souhaitant changer de métier ou de secteur d’activité dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle.

Il permet de :

  • Suivre une formation qualifianteen conservant son contrat de travail,
  • Maintenir une rémunérationpendant la formation,
  • Bénéficier d’une prise en charge partielle ou totaledes frais pédagogiques.


Les demandes sont à déposer auprès de l’association Transitions Pro de votre région. Le financement dépend de plusieurs critères : coût et durée de la formation, salaire du salarié, et règles spécifiques à chaque région.

 Toutes les infos et démarches sur : www.transitionspro.fr

Financement de la formation pour les demandeurs d’emploi

Les personnes en recherche d’emploi ayant un projet de formation peuvent bénéficier de différents dispositifs pour le concrétiser. L’accompagnement débute par un entretien avec France Travail (anciennement Pôle emploi), qui évalue et valide la pertinence du projet.

Les principaux dispositifs de financement disponibles
Le Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC)

L’État intervient principalement via le PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences) et les Plans Régionaux d’Investissement dans les Compétences (PRIC), en application de l’article L6122-1 du Code du travail.

Le PIC 2018-2022 a mobilisé 15 milliards d’euros pour :

  • Former les demandeurs d’emploi peu qualifiés ou sans diplôme ;
  • Répondre aux besoins des entreprises sur les métiers en tension ;
  • Accompagner la transition numérique et écologique des compétences.


En 2024, la Loi Plein Emploi prolonge ce dispositif, affirmant que l’accès à l’emploi passe par la formation professionnelle.


Aide Individuelle à la Formation (AIF)

L’AIF permet de financer tout ou partie des frais pédagogiques d’une formation :

  • Destinée aux demandeurs d’emploi inscrits àFrance Travail, qu’ils soient indemnisés ou non ;
  • Accessible aussi aux bénéficiaires de dispositifs comme le CSP, CRP ou CTP.


Retrouvez toutes les modalités sur le site francetravail.fr.


Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE)

Ce dispositif favorise l’accès à un emploi en finançant une formation adaptée aux besoins spécifiques du poste :

  • LaPOE Individuelle (POEI) est cofinancée par l’entreprise et France Travail, avec un appui possible de l’OPCO ;
  • LaPOE Collective (POEC) est financée par les OPCO pour des besoins sectoriels communs.


Les nouvelles modalités ont été actualisées dans l’instruction France Travail du 22 juillet 2024.

Compte Personnel de Formation (CPF)

Même en période de chômage, le CPF reste mobilisable pour financer des formations certifiantes ou qualifiantes. Il suffit de se connecter à moncompteformation.gouv.fr pour :

  • Consulter ses droits ;
  • Trouver une formation ;
  • S’inscrire et payer en ligne.


En cas de solde insuffisant, une aide complémentaire peut être sollicitée auprès de France Travail.


Fin de l’AFPR (Action de Formation Préalable au Recrutement)

L’AFPR, qui permettait à un employeur de former un futur salarié avant son embauche, est désormais supprimée. Elle est remplacée par l’élargissement de la POEI, conformément à la Loi Plein Emploi (article 8) et à la délibération France Travail n° 2024-30 du 24 avril 2024.

Autres financements disponibles pour la formation professionnelle

Les aides régionales à la formation

Les Régions jouent un rôle important dans le financement de la formation professionnelle. Elles soutiennent :

  • Les demandeurs d’emploi ;
  • Les jeunes en insertion professionnelle ;
  • Et parfois les salariés en reconversion ou en évolution de carrière.

Chaque région met en place ses propres dispositifs. Par exemple :

  • La région Auvergne-Rhône-Alpes a permis de former 10 000 demandeurs d’emploi en 2022 ;
  • La Nouvelle-Aquitaine propose des subventions pour les entreprises embauchant des apprentis ;
  • La région Grand Est a lancé un plan ambitieux dédié aux métiers du numérique.

Entreprises et particuliers : renseignez-vous auprès de votre Conseil régional pour connaître les aides disponibles dans votre territoire.

Le Fonds Social Européen Plus (FSE+)

Le Fonds Social Européen Plus (FSE+), en vigueur sur la période 2021-2027, vise à :

  • Soutenir l’accès à l’emploi, à la formation et à l’éducation ;
  • Lutter contre la précarité, les inégalités et l’exclusion sociale ;
  • Favoriser la cohésion économique et sociale entre les territoires.

À noter : le FSE+ ne propose pas d’aide directe aux individus, mais finance des projets portés par des structures publiques ou privées.

Parmi les actions soutenues par le FSE+ :

  • L’adaptation des entreprises et des salariés aux mutations économiques ;
  • Le retour à l’emploi des publics éloignés du marché du travail ;
  • L’intégration des personnes en difficulté ;
  • La lutte contre les discriminations et la précarité (alimentaire, matérielle…).

 Le programme FSE+ 2025 via les OPCO

En 2025, certains OPCO déploient des programmes FSE+ sectoriels. Ils visent à accompagner les enjeux stratégiques de leurs branches professionnelles.

 Ces dispositifs peuvent financer jusqu’à 50 % des coûts liés à la formationquelle que soit la taille de l’entreprise.